Gribouillimousse

Ce blog est avant tout un blog de filles. Un blog où la vie est un concept où le mot féminité prend tout son sens...

18 juin 2010

Le bac philo...

bacAh... Le bac philo... Tout le monde se rappelle de cette épreuve qui marque le départ d'une longue série de jours d'examens. Elle impresionne tout le monde mais les littéraires n'ont pas le droit de se rater dessus. Coefficient 8 au bac; c'est pas rien !

Je me souviens des fiches faites par thème, des livres de Descartes, de Sartre (que j'aime toujours autant) et de tant d'autres. Je me rappelle des citations apprises le soir dans mon lit pour qu'elles s'impriment dans ma mémoire durant la nuit. Que de souvenirs !!! N'oublions pas non plus le stress de l'examen, un peu aléatoire quand même en fonction du correcteur, qui peut vous recaler sur le banc des redoublants pour les L.

Cette année, trois sujets étaient proposés (comme à chaque fois). Perso je sais que je n'aimais pas les études de texte que je considérais comme trop restrictives. Il y avait donc deux questions au choix. Cette fois, celles-ci étaient :  " La recherche de la vérité peut-elle être désintéressée ? " et " Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ? ". J'aime assez la seconde interrogation.
Souvent, les sujets qui tombent ont un lien avec l'actualité présente. Si tel est le cas cette fois-ci, ça ne donne pas une idée de présent très réjouissante... Entre la recherche de la vérité pour servir son intérêt propre et l'oubli de ses expériences pour réussir à avancer, ça donne pas faim !

Du coup, juste pour le plaisir, pour retomber un peu dans mes jeunes années de lycéenne avec sac sur l'épaule, agenda gribouillé par les copines et premières histoires d'amour qui vous brisent le coeur, je me suis mise à réfléchir, à ma manière, sur ce second thème. Il ne s'agit pas de repasser son bac non plus, merci, j'ai déjà donné ! 

Déjà, ce qui me choque, c'est la manière dont est présenté le sujet. Il sous-entend, de manière assez pessimiste qu'il faut se débarrasser de son passé pour pouvoir évoluer... Alors ok, effectivement, si on reste dans ses problèmes du passé on risque pas d'évoluer. Il faut arrêter d'en vouloir à votre copine Julie qui avait copié sur vous et a récoltée une meilleure note, il faut réussir à dépasser l'épreuve du premier échec amoureux, cet abruti un peu pataud plein de cette nouvelle testostérone qu'il ne savait pas (encore) contrôler. Oui, ç'est sûr. Sinon, bonjour les dégâts. Vous restez à camper sur vos positions en ne proposant jamais votre aide de peur d'être doublée et vous ne retombez plus jamais amoureuse parce que vous vous dites que la gente masculine se résume à ce grand dadet qui ne savait pas bien ce que c'était qu'une fille.
Cependant, il faut aussi se dire que c'est en se souvenant de ce passé qu'on a pu évoluer et ne pas refaire les mêmes erreurs. En fait ma copine Julie ne trainait avec moi que parce que j'avais de meilleures notes qu'elle. Aujourd'hui, je vais éviter de côtoyer des gens qui, je m'en doute, ne sont pas intéressés par moi mais par la plus-value que je peux leur apporter. Je vais aussi éviter de courir derrière le Jules qui, je le sais, me jettera comme une serpillère une fois l'affaire faite. Bref, on apprend de ses erreurs. Le passé permet d'apprendre, de comprendre et de grandir. Il est donc, à mon sens, indispensable à notre évolution.
On peut même étendre le sujet à l'Histoire. Avoir vécu des décennies en monarchie nous a permis de comprendre que l'Histoire se répèterait toujours sous la "direction" d'un roi. Cette répétition a, entre autres choses, permis la Révolution française. De même, après la première, puis la seconde, guerre mondiale, nous avons compris l'importance de l'unification des peuples avec l'apparition de l'Organisation des Nations Unies qui nait officiellement le 24 octobre 1945.

Bon, voilà, ça, c'était mon intro plus ma première partie. Vous n'êtes pas trop essoufflés, on peut continuer ? C'est un peu perso comme manière de présenter un sujet mais l'idée y est non ? Donc, après le grand 1 : le passé est indispensable à la construction de l'avenir, passons au grand 2, le fameux "oui mais" dans le passé pas d'avenir. Accrochez-vous, on repart.

Sans passé pas d'avenir donc. Pourtant, on peut aussi soutenir la thèse inverse en prouvant que le passé n'est pas toujours riche d'enseignement et qu'il peut même se répéter indéfiniment, sinon nous enfermer dans sa sphère.
Imaginons que mon premier grand amour (celui-là, on en aura jamais autant parlé) m'ai marquée à vie. Deux solutions, soit je continue à lui courir après ad vitae aeternam ce qui me fera souffrir, à coup sûr, à vie, car même s'il a grandit, quand on se comporte mal avec une fille une fois, c'est qu'on peut le faire deux (ça c'est dit). Soit, je passe le reste de mon existence à vouloir me venger sur les hommes, ce qui, cela dit en passant, n'est pas très équilibrant ni très constructif. Dans ce cas là, mon passé me serre à la gorge et m'empêche d'avancer, il annihile mon avenir. Pareil avec ma copine Julie (sacrée coquine celle-là) qui peut m'amener à me méfier des autres ce qui ne m'autorisera pas à faire de belles rencontres et à ne pas me méfier des autres. Dans l'effet inverse, cela peut aussi m'amener à croire que je n'intéresse pas autrui autrement qu'en lui apportant quelque chose d'autre que ce que je suis, mon essence même,  - c'est beau ce que je dis hein ? - et qu'il faut que j'achète l'amitié des gens ce qui me conduira automatiquement a avoir, tout au long de ma vie, des relations biaisées. Dans ces deux cas, il aurait mieux valu que j'oublie ces deux expériences fâcheuses pour pouvoir avancer sereinement sur le chemin de l'avenir.
Du point de vue historique, c'est kif kif bourricot ! Il n'y a qu'a voir ces vieilles guerres de religion qui n'en finissent pas ! Là encore la thèse "sans passé pas d'avenir" ne fonctionne pas. Les mêmes erreurs sont répétées depuis des siècles où l'Homme se massacre au nom d'un Dieu ou d'une religion. C'est vieux comme le monde et l'Homme n'en a toujours tiré aucun enseignement ! Bien sûr, mon explication est un peu simpliste. Elle mériterait d'être étayée, mais j'en ai marre d'écrire et puis en gros, l'idée est là.
Alors là, pour bien faire, il me faudrait un autre exemple car, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, ma dissertation  est basée sur des exemples et il y en a deux dans chaque idée de chaque paragraphe. mais bon, je repasse pas mon bac non plus donc on va s'en contenter  ! Je sens que ce sujet m'emmène beaucoup plus loin que là où je voulais aller...

Maintenant, c'est normalement la conclusion qui arrive qui explique que les deux idées soutenues auparavant se complètent. Sachant, quand même, et malgré ceux qui disent qu'en philo on n'a pas le droit de donner son avis que le second paragraphe est toujours celui qui rejoint le plus l'idée de l'auteur. Perso, en guise de conclusion, je m'interrogerai bien sur le sujet en lui même... Ne lâchez pas en court de route ; c'est bientôt fini !

" Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ? ". Après avoir débattu de cette question, il faudrait se poser des questions sur la question en elle-même. Messieurs et mesdames les professeurs, vous qui justifiez toujours le choix des sujets en fonction de l'actualité politique et économique actuelle, ne subissez-vous pas vous-même ce sur quoi vous faites réfléchir vos élèves ?! Entre le questionnement sur la vérité désintéressée et l'enseignement du passé qui construit le futur, n'êtes-vous pas, par le biais de la philosophie, entrain de crier au secours en tant qu'être humain qui perd espoir dans l'avenir de cette société ? Peut-être une désagréable sensation de mensonge et la peur d'un avenir incertain... Qui sait ? L'avenir nous le dira !

C'est fini !!! Bravo à ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu'au bout !

Bon, je ne sais pas si j'aurai une bonne note avec ça... Cependant c'est troublant comme on peut prendre du plaisir à faire un truc qui paraîssait être une véritable corvée à l'époque. La vie est mal faite. C'est sans doute la nostalgie de mes 18 ans... Je me demande ce que dirait ma prof de terminale si elle voyait ça. Peut-être qu'elle serait contente de voir que j'aime toujours la philo et que ça continue de nous faire réfléchir...

Posté par Gribouillimousse à 12:06 - Merci patron ! - Commentaires [0] - Permalien [#]
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