Gribouillimousse

Ce blog est avant tout un blog de filles. Un blog où la vie est un concept où le mot féminité prend tout son sens...

26 avril 2010

Nicotine addict

grosse_fumeuseDans mon post Bisounours, le retour ! je vous disais, l'air de rien, que j'étais une accroc à la nicotine et que je m'apprêtais à arrêter de fumer... Non pas que j'ai plié face au discours ambiant anti-fumeurs. Non, juste que cela fait des années que je dépense mon argent là-dedans et que je m'use la santé. Alors à moi le teint rôse du nouveau-né et les économies qui me permettront de partir en voyage cet été ! J'ai donc profité de mes premiers jours de femme libre (sous-entendu délestée de patron tyrannique) pour ESSAYER de mettre en application ce que je disais, c'est à dire : "Dès que je ne suis plus stressée par le travail, j'arrête de fumer".

Samedi matin, je me suis donc levée et, contre toute attente (je me suis même surprise moi-même), c'était comme une évidence, aujourd'hui était le jour J. Sûre de moi, j'étais bien décidée à ne pas tirer une taffe de la journée. (Oui, je dis bien de la journée, l'idée de se projeter dans une vie entière sans Malboro n'est pour l'instant pas concevable pour mon cerveau.)
Je pourrai, à nouveau :
- faire un jogging sans cracher mes poumons à la fin
- avoir un entretien important sans m'en allumer trois avant pour décompresser
- passer une soirée avec des copains fumeurs sans me lever le lendemain avec la voix mélodieuse de Rocky
- passer une soirée avec des copains non-fumeurs sans me lever le lendemain matin avec le nez qui coule et la gorge qui me gratte car j'ai passé la soirée à la fenêtre pour crapoter
- décompresser lorsque les slogans anti-tabac passeront
- envisager, un jour, de tomber enceinte sans que la chose soit associée à la douloureuse idée d'arrêter de fumer.

Adieu donc mes huit, dix, douze clopes par jour et bonjour vie saine. Les astres m'étaient favorables, il faisait beau, il était temps d'aller s'oxygéner et de respirer un air sain sevré de toute fumée nauséabonde. Cependant, le parcours était semé d'embûches. 

1ère étape : Le petit-déjeuner
Le moment le plus dur de la journée. La meilleure cigarette ! Confiante, je me sers un grand verre de jus de pamplemousse. Je pense à toutes les vitamines C non assimilées par l'organisme à cause de la nicotine et souris déjà à cette nouvelle énergie que sera la mienne ces prochains jours. Jusque là tout va bien. La chose se corse sacrément quand je m'attaque à mon café et à mes deux biscuits. Comme toute fumeuse qui se respecte, je mange très peu le matin, avale deux gâteaux secs l'histoire de dire que et allume la première clope de la journée. Là, il en est
hors de question. Résultat des courses, afin de mettre un terme à ce supplice et sûre qu'une fois ce moment de la journée passée ce serait plus simple, j'avale mon café, mes deux spéculos et me lance sous la douche, pas peu fière de mon exploit matinal.
Je ressors de là et Doudou (qui lui s'en est déjà grillé 4) me propose d'aller faire une ballade dans le parc du château de Rambouillet. Bon, Doudou est un lâcheur. Il devait arrêter en même temps que moi et n'a pas considéré, lui, que ce samedi était le grand jour. Cependant, Doudou est plein de compassion, il voit qu'il va falloir m'occuper sacrément pour que je ne me tape pas la tête le long des murs d'où l'idée de la ballade à plus d'une heure de Paris. Ok.

2ème étape : La voiture
Pomponnée et toujours vierge de nicotine, je décide de conduire afin d'être occupée pendant le trajet et penser à autre chose qu'à m'en griller une. De plus, j'aime bien conduire. Je n'ai mon permis que depuis un an et cette activité me remplit encore de joie. Tout se passe bien, je roule tranquillement mon "A" collé aux fesses en écoutant
Terence Trent d'Arby, sors de Paris et arrive dans les bouchons du périphérique. Normal, il fait beau et on est samedi. La population parisienne émigre vers la campagne. Klaxon, cul à cul, queues de poissons.... Une envie de clope me prend soudainement. Et si j'en grillais juste une ? Une toute petite ? Bon, les voitures se calment, leur conducteur aussi, beaucoup sortent aux portes avoisinantes. Ouf ! Je l'ai échappée belle. L'envie s'estompe et je continue mon bonhomme de chemin. Une fois arrivée à bon port, Doudou me fait quand même remarquer, non sans une légère ironie, que je n'étais malgré tout pas obligée de traiter tous les automobilistes de noms d'oiseaux... Peut-être mais ça défoule. Deuxième étape réussit !

3ème étape : Le déjeuner
La plus redoutée à tous les coups. Nous arrivons devant le château, un superbe plan d'eau le reflète, les fleurs recouvrent les gazons, les enfants babillent, bref, le cadre est idyllique. Mouais... moi je pense surtout à toutes les bonnes choses qu'a acheté Doudou pour notre picnic et n'ai qu'une peur : ne plus contrôler ma faim et compenser le manque de fumée par des bonbons et autres sucreries. Alors que je me vois déjà adipeuse et gonflée de lipides, Doudou m'indique un magnifique petit banc à l'abri d'un saule pleureur et me sors un sandwich maison à base d'avocat, de tomate et de salade. Super, des fruits et des légumes, pas de glucose en vue, tout se passe bien. J'avale ce petit encas avec plaisir et me met à me frotter l'index et le majeur avec véhémence. L'objet me manque... Son absence m'angoisse.... Le repas se fait lourd... J'AI EN-VIE D'UNE CLO-PE !!! Je respire un grand coup, m'oxygène, réalise à quel point il est agréable d'avoir le souffle long (il est certain que ces quelques heures d'abstinence ont, sans nul doute, amélioré ma respiration) et emmène Doudou marcher pour oublier.
Nous avons marcher trois heures, non-stop. Quand je bouge je n'y pense pas trop.

4ème étape : La terrasse
Après être partie d'une première terrasse d'un café où le serveur
a mis 30 minutes pour réaliser qu'un nouveau client attendait qu'on s'occupe de lui et après que j'ai piqué une gueulante auprès de ce même serveur (il était tombé le mauvais jour celui-là), nous nous sommes assis au soleil et avons commandé deux citrons pressés (toujours plein de vitamines C). Là, ô rage, ô désespoir, notre voisin de table s'allume une clope. J'ai beau me dire que c'est le bâton de la mort, la fumée arrive jusqu'à mes narines et j'inhale ces douces volutes... Ça me fait du bien, je me reprends et arrive, plus ou moins, à ne plus m'imaginer lui en demander une.

5ème étape: Le dîner
Bon, il est 19h30, je n'ai toujours pas craquer. Gonflée d'orgueil, je fais remarquer à Doudou qu'il suffit "d'avoir de la volonté", que bien sûr, "ce n'est pas évident mais que "regarde, je m'en sors plutôt bien !". Afin de me féliciter de cette volonté de fer, je m'étais achetée plein de bonnes choses à grignoter. Et bien vous savez quoi ? Que dalle ! Je n'ai presque rien mangé; l'appétit coupé. En attendant je n'ai pas craqué. Enfin si... J'ai tiré deux taffes, ça m'a écoeuré, ça m'a fait tourner la tête et je l'ai écrasée.

Le soir, éreintée d'une si dure journée, je suis allée me coucher, fière de moi (quand même) et, contre toute attente, je me suis endormie comme un bébé. Il faut dire aussi que j'avais fait tellement de choses pour me faire oublier la cigarette que j'avais des raisons d'être crevée. Bon, c'est déjà pas si mal sur 24 heures !

Elle est bien jolie cette histoire me direz-vous, mais nous sommes lundi et depuis de l'eau a coulé sous les ponts et rien ne prouve que je ne me suis pas enfilée une cartouche depuis. Bon, euh..., non, je n'ai pas fumé une cartouche, un paquet entier non plus mais j'ai revécu la même journée dimanche que ce fameux samedi. J'ai couru autour du lac du bois de Boulogne toute la matinée, je suis allée à une brocante, j'ai même fait un puzzle en fin d'après-midi (la honte). Pourtant, malgré tous ces efforts déployés, je reconnais que le soir j'ai craqué, j'en ai allumé une. Cette fois je l'ai fumée en entier et elle était... bonne !
Aujourd'hui, à l'heure où je vous écrit, j'en ai fumé la moitié d'une. Oui, je sais c'est mal mais c'est difficile de changer ses habitudes comme ça. Tout me rappelle la cigarette : le coca que je me verse, la sortie du métro et, par dessus-tout, l'écriture. Normalement, c'est mon moment privilégié pour m'en allumer quelques-unes. Ça fait venir l'inspiration...

Alors qu'est-ce qu'on fait ? J'arrête le blog et je reste saine ou je continue et je me remets à fumer ? Non, ok, c'est lâche de ma part de présenter les choses comme ça. Je m'accroche à ma résolution et de votre côté, vous êtes indulgents avec mes posts. Car, oui, c'est dur aussi de se concentrer quand on est en manque...

Posté par Gribouillimousse à 16:44 - Chroniques d'une rouspéteuse ! - Commentaires [0] - Permalien [#]
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